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La lutte contre le travail des enfants aux Comores

Publié le 22/06/2012 à 19:01 par mouvementorange Tags : cadre travail nature article enfants monde vie femmes image roman

 

La célébration de la journée mondiale contre le travail des enfants a été organisé à Fomboni – Mohéli, ce jeudi 21 juin 2012 en présence de plusieurs hautes autorités de l’Union et de l’ile autonome de Mwali et du représentant d l’Unicef aux Comores qui représentait le Coordinateur Résident du Système des Nations Unies aux Comores et du Directeur pays de l’OIT basé à Antananarivo, Christian NTSAY. Le thème retenu cette année par est «Droits de l’homme et justice sociale…éliminons le travail des enfants».

Selon les récentes estimations de l’OIT, 215 millions d’enfants travaillent dans le monde et 115 sont impliqués dans les travaux dangereux dont 41 millions sont des filles et 74 millions sont des garçons.

Aux Comores, l’exploitation des enfants par le travail dans ce pays continue de prendre des proportions inquiétantes bien que le code du travail interdise le travail des enfants. Cette main d’œuvre enfantine englobe une diversité d’enfants effectuant plusieurs tâches. Les raisons qui amènent ces enfants à travailler sont nombreuses. La plupart d’entre eux vivent dans l’extrême pauvreté et doivent gagner leur vie pour assurer leur propre subsistance ou contribuer à celle de leur famille. Ces enfants travailleurs sont en majorité déscolarisés ou ont reçu une éducation insuffisante. L’exploitation de l’enfant par le travail porte atteinte au développement et à l’épanouissement de l’enfant.

« L’analyse de la situation des enfants et des femmes aux Comores », réalisée en octobre 2000 par le Commissariat Général au plan et l’UNICEF a établi les différentes causes de ce phénomène. Ainsi les causes immédiates sous-jacentes du travail des enfants sont notamment la non scolarisation et la déscolarisation précoce des enfants, le faible niveau d’instruction des parents, la défaillance du système éducatif et la faible perception de la finalité de l’enseignement par les parents.

 

Les causes fondamentales du travail des enfants demeurent les Conditions de vie difficiles des parents, les difficultés de financement du système éducatif et la faiblesse institutionnelle de la Direction Générale de l’Emploi et du travail.

 

« L’enquête à indicateurs multiples » ( MICS 2000) financé par l’Unicef a fait apparaître la situation réelle des enfants qui travaillent. Cette enquête a démontré, que 36,7% des enfants comoriens travaillaient couramment. 28% d’enfants de la tranche d’âge de 5-9 ans et 46% d’enfants âgés de 10-14 ans travaillent selon cette enquête. Parmi les enfants âgés de 5-14 ans, 38,4% exercent un travail couramment en milieu urbain, contre 36,3% en milieu rural.

A Mohéli 63% d’enfants sont employés dans les fermes ou dans les affaires, alors qu’ils ne sont que 26,3% à Anjouan et 24, 1% en Grande Comore. La MICS 2000 démontre également que la plupart des enfants qui travaillent ne perçoivent pas de rémunération.

Les Comores disposent d’un cadre juridique qui réglemente le travail des enfants notamment le code du travail de 1984. Ainsi le code du travail issu de loi 84-108/PR dispose que le travail forcé ou obligatoire est interdit de façon absolue (article 2 alinéa 2). Une loi fixe la nature des travaux interdits aux enfants (article 120).

Toutefois, ce code du travail qui est en cours de révision à l’Assemblée de l’Union, ne prévoit pas des dispositions spécifiques en faveur des enfants en matière de la durée du travail, de repos, d’hygiène et de sécurité. Et la loi qui devait fixer la nature des travaux interdits aux enfants et aux femmes enceintes, prévue par l’article 120 du code du travail n’a jamais été adoptée par l’Assemblée Fédérale.

Membre de l’Organisation Internationale du Travail (OIT) depuis 1978, les Comores ont ratifié un total de 32 Conventions dont 29 sont en vigueur, parmi lesquelles figurent les huit Conventions fondamentales et deux Conventions prioritaires.
Malgré de louables efforts, beaucoup reste à faire en vue de l’application concrète des droits des travailleurs tels que découlant des normes internationales. L’application effective des Conventions dans la pratique est également confrontée à une connaissance insuffisante par la population de ses droits et obligations, y compris par des acteurs cruciaux comme l’Assemblée de l’Union et l’institution judiciaire. En outre, l’économie informelle étant importante, une large proportion de travailleurs se trouve exclue de la protection garantie par les normes.
source: Comoresdroit